RDC : JED publie son rapport annuel 2026 sur la désinformation autour d’Ebola et appelle à une meilleure protection des journalistes Kinshasa.

L’organisation Journaliste en Danger (JED) a procédé, ce lundi 2 novembre, à la présentation officielle de son rapport annuel 2026, au cours d’une cérémonie organisée à l’hôtel Memling, dans la commune de la Gombe, à Kinshasa. Cette publication intervient à l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes.

Intitulé « Rumeurs, légendes et complotisme sur Ebola. Les médias sous pression face au virus de la désinformation », le rapport analyse les défis auxquels sont confrontés les professionnels des médias dans le contexte de la crise sanitaire liée à Ebola en République démocratique du Congo. Il met particulièrement en lumière le rôle essentiel des médias dans la lutte contre la désinformation, ainsi que les pressions et les obstacles qui compromettent l’accès des populations à une information fiable et indépendante.

À travers cette publication, JED attire l’attention sur les difficultés rencontrées par les rédactions : restrictions d’accès aux sources officielles, menaces contre les journalistes, pressions judiciaires, insuffisance des moyens d’investigation et fragilité économique des entreprises de presse.

Le rapport souligne également que la défiance de certaines communautés à l’égard des mesures de riposte contre Ebola ne peut être expliquée uniquement par la circulation de fausses informations sur les réseaux sociaux. Elle nécessite notamment davantage de transparence, une meilleure écoute des populations et une communication adaptée à leurs préoccupations.

Un environnement médiatique toujours préoccupantDans son analyse, JED relève un décalage persistant entre les réformes engagées dans le secteur des médias et la protection effective des professionnels de l’information en RDC.L’organisation rappelle que le pays occupe la 130e place sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse 2026 de Reporters sans frontières (RSF). Elle évoque également plusieurs atteintes à la liberté de la presse documentées en septembre, notamment l’arrêt des émissions d’une radio à Mwenga à la suite du vol de son matériel ainsi que l’interpellation de deux professionnels des médias à Kalemie.

Pour JED, ces incidents, même lorsqu’ils ne sont pas directement liés à la crise d’Ebola, témoignent de la vulnérabilité persistante des médias et des journalistes dans le pays.

Des recommandations pour renforcer la liberté de la presse

Face à ces défis, JED formule plusieurs recommandations à l’endroit des autorités publiques et des acteurs du secteur médiatique. L’organisation préconise notamment le renforcement de la lutte contre l’impunité à travers des enquêtes indépendantes, la mise en place effective d’un Mécanisme national de protection des journalistes, ainsi qu’un meilleur accès aux données sanitaires et budgétaires.

Elle plaide également pour un financement transparent des médias, le renforcement des capacités des rédactions en matière de vérification de l’information et la réforme des dispositions légales susceptibles de restreindre abusivement la liberté d’expression.

À travers son rapport annuel 2026, Journaliste en Danger rappelle que la protection des journalistes constitue une condition indispensable à l’exercice du droit du public à l’information, particulièrement en période de crise sanitaire et sécuritaire.

« La désinformation est un déni de l’information, non une expression de la liberté de la presse », souligne JED, qui appelle à combattre ce phénomène par la rigueur journalistique, la transparence et le respect des droits fondamentaux, sans jamais imposer le silence aux professionnels des médias.En publiant ce rapport, JED entend contribuer au débat public et encourager des mesures concrètes pour bâtir un environnement médiatique indépendant, professionnel et économiquement viable en République démocratique du Congo.

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