Journaliste en danger (JED) condamne fermement l’attaque physique dont a été victime un journaliste qui réalisait un reportage sur la rareté des transports en commun à Kinshasa à la suite d’une mesure de riposte contre la troisième vague de la pandémie Covid-19 prise par l’autorité urbaine limitant le nombre des passagers dans les taxis et taxis-bus.

Dosta Lutula, journaliste-présentateur de l’émission dénommée : « Les valeurs Rdciennes » diffusée sur les ondes de Canal Kin Télévision, chaîne émettant à Kinshasa, capitale de la RDC, a été pris à partie, le mercredi 23 juin 2021 vers 8 heures, à son arrêt de bus par un groupe de personnes se réclamant militants de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS, parti du Président Félix Antoine Tshisekedi).

Selon les témoignages recueillis par JED, le journaliste filmait des milliers de personnes qui attendaient, en vain, le transport en commun sur les arrêts de bus et d’autres étaient obligés à faire les pieds pour se rendre à leur travail respectif au moment où il a été attaqué. Dosta Lutula a interviewé plusieurs personnes qui fustigeaient la mesure prise par le Gouverneur de la ville de Kinshasa. Pendant qu’il s’apprêtait à quitter le lieu, le journaliste a été entouré par quatre personnes dont une fille qui sollicitaient également une interview. Une de ces personnes a commencé à proférer des menaces à l’encontre du journaliste en l’accusant d’être trop critique envers le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi. « Nous n’avons pas besoin de ton interview. Nous te connaissons, tu es journaliste à CKTV. Dans tes émissions, tu ne fais qu’injurier notre autorité morale, le Président de la République Felix Tshisekedi. Tu es venu à Mongafula pour réaliser des reportages contre les mesures prises par les autorités contre le Coronavirus (…) ».

A l’issue de ces disputes, plusieurs autres personnes dont les motards servant des transports en commun communément appelés « Wewa » à Kinshasa s’étaient associées au premier groupe. Ne sachant pas se défendre, Dosta Lutula a été molesté et blessé grièvement à la tête. Accusé d’avoir réalisé un reportage contre l’action du chef de l’Etat, le journaliste a été conduit par ses agresseurs en furie à un sous-commissariat de la police où il a passé la nuit avant d’être libéré le lendemain.

Sans se prononcer sur la vraie identité des agresseurs du journaliste, Journaliste en danger (JED) estime qu’il est inacceptable que les journalistes, en plein exercice de leur profession, soient la cible de violences physiques et d’intimidations de la part des supporters d’une formation politique.

JED dénonce cette attaque et demande aux responsables des différents partis politiques à sensibiliser leurs militants à la retenue et de ne pas empêcher les professionnels des médias d’exercer leur métier.