Dans une lettre adressée, le vendredi 29 janvier 2021, au Gouverneur de la province de l’Ituri (Est de la RD Congo), M. Jean Bamanisa, Journaliste en Danger (JED) lui a demandé de prendre très au sérieux les menaces de mort ainsi que des mesures urgentes pour assurer la protection de deux journalistes, victimes des graves menaces de la part d’un groupe de miliciens.

Selon les récentes informations recueillies par JED, deux journalistes basés à Bunia sont l’objet d’intimidations et des menacés de mort de la part d’un groupe de gens se réclamant de la milice dénommée Force Patriotique et Intégrationniste du Congo (FPIC), connue sous le nom de « Chini ya Kilima ». Il s’agit de Nicolas Synthe Awashang’o et Freddy Upar, respectivement rédacteur en chef et journaliste à la Radio Canal Révélation (RCR).

En effet, c’est depuis le 8 janvier 2021 que les deux journalistes reçoivent une série de messages (SMS) et d’appels téléphoniques émis par des miliciens qui se plaignent de n’avoir pas eu le même temps d’antenne à la radio par rapport aux Forces Armées de la RD Congo (FARDC).

Contacté par JED, Freddy Upar a déclaré que : « Les premières semaines des affrontements entre les FARDC et les miliciens de Chini Kilima, j’étais presque tous les matins à la présentation du journal parlé. Je diffusais les informations livrées par le porte-parole des FARDC et d’autres autorités locales en rapport avec les offensives militaires en Ituri. Pour les miliciens, ces différentes informations venaient de moi. C’est cela ma faute. Ces miliciens ne cessent de m’avertir de leur projet de me tuer dans les prochains jours »

Joint à son tour, Nicolas Synthe Awashang’o a confirmé les faits en ajoutant que toutes les informations en rapport avec les opérations militaires qu’il diffuse ne sont pas bien accueillies au sein de la communauté Bira aussi appelée « Zunana » regorgeant un grand nombre de miliciens FPIC. « Après avoir diffusé une information sur la tentative des incursions de ces miliciens dans la ville de Bunia, j’ai reçu le soir et le lendemain plusieurs appels téléphoniques me menaçant de mort. L’un de mes interlocuteurs m’a révélé même la couleur de ma moto et là où j’habite. Ils m’ont interdit d’accéder dans quatre quartiers, majoritaires Zunana. Pour mes détracteurs, la Radio Canal Révélation ne diffuse pas les nouvelles d’autres groupes armés également opérationnels dans la province de l’Ituri »

« JED s’insurge contre toutes ces menaces de mort proférées contre les journalistes pour des raisons professionnelles et sollicite notamment votre implication afin de dénoncer ces menaces et prendre toutes les mesures appropriées pour assurer la sécurité des professionnels des médias œuvrant dans votre province », peut-on lire dans cette correspondance adressée à M. Bamanisa

JED a fait également le constat selon lequel, depuis la reprise des hostilités militaires et la résurgence des foyers de tensions dans la province de l’Itiru, il devient de plus en plus difficile pour les journalistes d’exercer librement leur travail sans être des cibles des miliciens opérant dans cette province. Dans ces conditions, la liberté de la presse se trouve plus que jamais menacée et les journalistes réellement en danger.

 

Catégories : A la une

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