À Kinshasa, JED renforce les capacités des journalistes en sécurité physique, numérique et intelligence artificielle.

La session spéciale de formation consacrée à la sécurité physique et numérique des journalistes et à l’intelligence artificielle au service de la sécurité et du professionnalisme journalistique s’est achevée jeudi 20 août à Kinshasa, par une cérémonie de remise des certificats d’habilitation à l’ensemble des participants.

Organisée par Journalistes en danger (JED), avec l’appui de Reporters sans frontières – Suède (RSF Sweden), cette formation de deux jours s’est tenue les 19 et 20 août 2026 au Centre Saint-Pierre Claver. Elle avait pour objectif de doter les professionnels des médias de connaissances et d’outils pratiques leur permettant de mieux prévenir les risques liés à l’exercice du journalisme, aussi bien sur le terrain que dans l’environnement numérique.

Animée par Donat Mbaya Tshimanga, avec Tshivis Tshivuadi comme modérateur, la formation a articulé théorie, exercices pratiques et mises en situation autour des principaux enjeux auxquels sont confrontés les journalistes aujourd’hui.

De la sécurité sur le terrain à la protection numérique

La première journée, consacrée à la sécurité intégrée du journaliste, a notamment porté sur l’identification et la cartographie des menaces, l’évaluation des risques avant une mission, la préparation d’un plan de sécurité ainsi que les comportements à adopter face aux situations de danger.

Les participants ont également été sensibilisés à la sécurité numérique essentielle, à la protection des sources et des données, à la sécurisation des comptes et appareils, ainsi qu’aux différentes formes de cyberharcèlement et de menaces en ligne. Des simulations ont permis d’aborder concrètement des situations telles que l’arrestation d’un collègue, la confiscation d’un téléphone ou encore la gestion d’une manifestation.

Une attention particulière a également été accordée à la sécurité psychologique et aux mécanismes d’alerte, afin de permettre aux journalistes de mieux reconnaître les signes de fatigue, de stress et d’autres facteurs susceptibles d’affecter leur capacité à travailler en sécurité.

L’intelligence artificielle au service du journalisme

La deuxième journée a été consacrée à l’intelligence artificielle, à la sécurité et au professionnalisme journalistique.

Les échanges ont notamment porté sur le rôle de l’IA dans le métier de journaliste, ses possibilités mais aussi ses limites. Les participants ont appris à utiliser ces outils avec discernement pour la recherche, la vérification et l’analyse de l’information, tout en conservant le contrôle humain indispensable au travail journalistique.

La formation a également abordé la vérification des informations, la détection des contenus trompeurs ou manipulés, la recherche inversée d’images, l’analyse du contexte et les précautions à prendre avant de publier une information trouvée en ligne.

La protection des données et des sources face aux outils d’intelligence artificielle a constitué un autre volet important des travaux. Les participants ont été sensibilisés aux risques liés au partage d’informations confidentielles, de documents sensibles ou de données personnelles avec des outils numériques.

Éthique, responsabilité et usages de l’IA

Au-delà de la maîtrise technique, les formateurs ont insisté sur la nécessité de préserver les fondamentaux du métier : exactitude, indépendance, impartialité, respect des personnes, protection des sources et responsabilité professionnelle.Les participants ont notamment réfléchi aux erreurs que peuvent produire les systèmes d’IA, à la nécessité de vérifier leurs réponses et aux précautions à prendre avant d’intégrer un contenu généré ou assisté par une intelligence artificielle dans une production journalistique.

La session s’est achevée par l’élaboration d’une charte personnelle d’usage de l’IA, invitant chaque participant à définir des règles claires concernant les usages autorisés, les données à ne pas partager et les obligations de vérification.

Des certificats pour clôturer la formation

Au terme de ces deux journées d’apprentissage et d’échanges, tous les participants ont reçu un certificat d’habilitation, marquant officiellement leur participation à la session et la fin de cette formation.

À travers cette initiative, JED réaffirme l’importance du renforcement continu des capacités des professionnels des médias, dans un contexte où les risques physiques, numériques et informationnels évoluent rapidement.

La maîtrise des outils technologiques, notamment de l’intelligence artificielle, ne saurait remplacer le jugement du journaliste. Elle doit au contraire être accompagnée d’une solide culture de la sécurité, de la vérification et de l’éthique professionnelle. C’est dans cette perspective que cette formation entend contribuer à un journalisme plus sûr, plus rigoureux et plus responsable en République démocratique du Congo.

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