Mongala : Deux stations de radios proches de l’opposition fermées par le maire de la ville

Selon les informations concordantes parvenues à JED, la Radio Liberté Lisala et la Radio Mwana Mboka (Rammbo), propriétés de l’opposant Jean-Pierre Bemba et de Crispin Bungdu, proche de l’opposant Moïse Katumbi, tous deux candidats invalidés à l’élection du Président de la République, émettant à Lisala, chef-lieu de la province de Mongala (Nord-ouest de la RD Congo), ont été assiégées, le mardi 9 octobre 2018 vers 12 heures (heure locale), par un groupe d’éléments de la police, agissant sous ordre du maire de la ville, M. Bruce Bika Malambo. Toutes les émissions ont été brusquement interrompues et les portes scellées.

Le maire de la ville accuse ces deux médias d’avoir diffusé, le samedi 6 octobre 2018, une interview du Président de l’Assemblée provinciale de Mongala qui a demandé à la population locale de ne plus payer des taxes. Revenant d’une mission officielle à Kinshasa, le Président de l’Assemblée provinciale réagissait à la tentative de la mise à l’écart du gouverneur de cette province par un groupe de députés provinciaux pour « mégestion et détournements de fonds publics ».

Le 17 septembre 2018, le ministre provincial de l’Intérieur, Jean Makaka a verbalement ordonné la suspension des émissions interactives dénommées « Allo ! Mwana Mboka (Traduction : Allo, fils du pays) » et Allo ! Mwana Mboka tokei wapi (Traduction : Allo, où allons-nous fils du pays ?) », diffusées par ces deux stations de radio, proches de l’opposition, pour avoir accordé la parole à la population qui critiquait la gestion de la province.

Contacté par JED, Yannick Makambo, directeur de la Radio Rammbo, a déclaré que le Président de l’Assemblée provinciale de Mongala a accordé une interview à tous les cinq médias basés à Lisala. « Cette interview a donc été diffusée dans tous les médias, et seulement la Radio Liberté et Rammbo qui sont fermées par le maire de la ville. Est-ce par ce que les deux promoteurs sont membres de l’opposition ? », s’est interrogé Yannick Makambo.

Journaliste en danger (JED) condamne avec véhémence cet acte et demande au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) d’ordonner la réouverture immédiate de ces médias fermés illégalement.