Violence policière contre des journalistes à la prison de Kinshasa : JED exige une enquête et des sanctions

Dans une lettre adressée, le 18 mai 2017, au Vice-premier et Ministre de l’Intérieur, Emmanuel Shadari, Journaliste en danger (JED) lui a demandé de bien vouloir ordonner une enquête urgente sur des actes de violence policière inouïe dont ont été victimes, le mercredi 17 mai 2017, trois journalistes correspondants de la télévision française « TV5 » à Kinshasa.

Dans cette correspondance, JED a exprimé sa profonde indignation à la suite des actes inadmissibles, et qui ne peuvent en aucun cas restés impunis. Pour JED,  cette attaque délibérée à l’encontre des journalistes constitue une grave atteinte à la liberté de la presse.

Selon nos informations, Francine Mukoko, Blaise Basomboli et Baudry Mata, journalistes à la télévision française « TV5 », ont été copieusement passés à tabac, le mercredi 17 mai 2017, à quelques encablures de la prison centrale de Kinshasa, par un groupe d’éléments de la police nationale congolaise qui ont, par la suite, confisqué leurs matériels de travail composés notamment d’un ordinateur de montage, la caméra et des modems.

Les trois journalistes s’étaient rendus à la prison centrale de Kinshasa dans le but de réaliser leur reportage à la suite de l’attaque survenue à la Prison centrale de Kinshasa au cours de laquelle plusieurs détenus se sont évadés et qui auraient fait plusieurs morts. Les journalistes n’ont pas été autorisés à accéder dans l’enceinte de la prison. C’est alors qu’ils se sont mis à réaliser des reportages aux alentours de la prison. Alors qu’ils s’apprêtaient à quitter les lieux, une personne en tenue civile non autrement identifiée s’est engouffrée dans leur véhicule, dans le but de confisquer la caméra. Refusant de donner la caméra à cet assaillant, les trois journalistes ont vu deux jeeps avec à leurs bords des éléments de la police venir les sommer de descendre du véhicule. Les trois journalistes ont été violemment agressés par ces agents de la police avant d’être conduits à la légion PIR (Police d’Intervention Rapide) où ils ont été détenus pendant plusieurs heures avant d’être relâchés, sans leurs matériels de travail.

Dans cette lettre dont copies ont été réservées, notamment au premier ministre, aux ministres de la Justice et des Droits humains, JED a dénoncé ces violences policières à répétition contre les professionnels des médias dans l’exercice de leur profession en demandant au ministre de l’Intérieur, dont dépend la Police nationale congolaise, d’user de son autorité pour y mettre fin.