Journaliste en danger (JED) s’insurge vigoureusement contre la procédure ayant conduit deux journalistes du magazine d’informations générales intitulé « Bosolo na politik » (Traduisez : La vérité dans la politique), diffusé dans plusieurs chaînes de télévision émettant à Kinshasa, à être arrêtés et placés en garde à vue, depuis le mardi 3 novembre 2020, successivement dans les installations du Conseil National de sécurité et de l’Agence Nationale des Renseignements (ANR) où ils ont passé la nuit.

Selon nos sources, Odinolas Mobala et Roublain Bamba, respectivement journaliste et cameraman de « Bosolo na politik », accrédités à la présidence de la République où ils couvrent, depuis le lundi 2 novembre, les consultations nationales initiées par le Président de la République, ont été interpellés au Conseil National de sécurité (CNS, un service de sécurité basé à la Présidence de la République) pour avoir filmé et diffusé une vidéo montrant les conseillers du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, restés assis et en train de tailler bavette pendant que le Chef de l’Etat effectuait son entrée solennelle dans la salle d’audience des consultations. Ces images ont fait le buzz et soulevées un tollé sur les réseaux sociaux. Ce qui aurait conduit à la suspension de ces conseillers de leur fonction.

Après être entendus sur procès-verbal autour de ces faits incriminés et la confiscation de leurs matériels de travail, les deux journalistes ont été conduits dans la soirée dans les installations de l’ANR où ils sont placés en garde à vue.

Journaliste en danger (JED) qualifie « d’inacceptable » le fait pour la Présidence de la République à travers le CNS, son service de sécurité, qui prône le changement puisse priver de liberté aux journalistes qui n’ont commis aucune faute professionnelle en filmant et en diffusant cette vidéo qui illustre bien « l’indélicatesse » des certains proches collaborateurs du chef de l’Etat congolais.

JED constate que malgré les discours officiels en faveur de la liberté de la presse, les journalistes n’exercent toujours pas leur métier librement. Dans son dernier Rapport, rendu public le 2 novembre 2020, JED a enregistré au moins 116 cas d’atteintes à la liberté de la presse, contre 85 en 2019 dont plus de 70% sont le fait des services de sécurité dont l’ANR.