C’est un message sous forme d’un ultimatum qui a été envoyé, mercredi 10 juin 2020, au Gouverneur de la Province de Mongala, par le Vice-Premier Ministre et ministre de l’Intérieur, Gilbert Kankonde, pour exiger la réouverture des quatre médias fermés abusivement depuis près de deux semaines. Dans ce message faxé dont JED est entrée en possession, le Ministre attend un Rapport dans 48 heures de l’exécution sans faille de sa décision de réouverture des 4 radios, et demande au Gouverneur de « De laisser se poursuivre la procédure ordinaire de délit de presse aux instances compétentes ». La décision prise par le Vice-premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Sécurité et Affaires Coutumières, Gilbert Kankonde,  est consécutive à la lettre de protestation lui adressée, le 27 mai 2020, par JED. Dans cette correspondance, JED  avait sollicité  son implication personnelle pour faire cesser les interférences des autorités politiques dans le fonctionnement des médias et la réouverture des organes  de presse fermés abusivement par le Gouverneur de province. Pour rappel, la Radio Mongala, la voix de Bumba FM, la Radio rurale de Bumba et la Radio Mwana mboka, stations émettant à Bumba, ont été fermées, le 26 mai 2020, par le Gouverneur de la province de Mongala, M. Crispin NGBUNDU  et le Président de l’Assemblée provinciale, M. Floribert Gala. Ces deux autorités provinciales ont également ordonné la suppression définitive de l’émission dénommée «12.600 lettres » sur toutes les chaînes et stations de radio de la province, la suspension des journalistes- animateurs de plusieurs émissions diffusées dans les médias fermés et de les traduire en justice dont le cas du journaliste Fabrice Ngani. JED a également appris avec satisfaction la libération, le jeudi 4 juin 2020, de Fabrice Ngani, journaliste à la Radio la Voix de Bumba, arrêté le 26 mai 2020 et transféré à la prison centrale de Lisala le lendemain. Contacté par JED, Fabrice Ngani a déclaré : «  J’ai été libéré sur base d’une ordonnance de main levée signée par le Procureur qui m’a auditionné. A la suite de cette audition, il a compris que je n’ai commis aucune infraction. Le jour de mon arrestation, j’ai été sérieusement torturé à la résidence du Gouverneur de province par ses gardes du corps. Depuis lors, j’ai un problème avec un œil gauche et des douleurs intenses ». Journaliste en Danger (JED), salue cette implication personnelle du Vice Premier Ministre et ministre de l’Intérieur, Gilbert Kankonde, qui constitue un signal fort pour le respect de la liberté de la presse, et pour la fin des abus de pouvoir des autorités provinciales contre les médias.