Restriction d’accès aux réseaux sociaux : JED dénonce une mesure honteuse et une grave atteinte à la liberté de l’information

Dans une lettre adressée, le jeudi 10 Août 2017, au président de l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC), Oscar Manikunda, Journaliste en danger (JED) lui a exprimé sa totale indignation et son inquiétude au sujet de ses correspondances adressées, en date du 7 Août 2017, aux sociétés des télécommunications, opérant en RD Congo, et portant sur des « mesures préventives à prendre face à l’usage abusif des réseaux sociaux ».

Dans ces correspondances, dont JED a pu obtenir une copie, le Président de l’ARPTC a  enjoint à ces opérateurs fournisseurs d’accès internet de « prendre des mesures techniques préventives susceptibles de réduire au strict minimum la capacité de transmission des images ».

A travers cette correspondance qui a été réservée notamment au Président de la République, au premier ministre ainsi qu’aux ministres des Droits humains et celui de la Communication et Médias, JED ademandé au Président de l’ARPTC, un service dépendant de la Présidence de la République,  de lever, sans délai, cette mesure honteuse qui ternit un peu plus l’image de la RD Congo,  pays considéré comme l’un des pires endroits pour les droits de l’homme, et pour la  liberté d’expression, dans le monde.

« Depuis la prise de cette mesure, les coupures et ralentissements d’internet se sont multipliés empêchant, notamment, les médias, grands utilisateurs de l’internet, de faire correctement leur travail », peut-on lire dans cette lettre de JED.

JED a, dans cette correspondance,joint sa voix à celles des millions d’internautes congolais qui subissent ainsi les contre-coups de la  mauvaise humeur des donneurs d’ordre de cette mesure prise par le président de l’ARPTC, pour dénoncer cette grave atteinte au droit et à la liberté de l’information.

Enfin, JED a rappelé le président de l’ARPTC que sa décision viole la loi 096/002 sur la presse qui stipule à son article 8 :« Toute personne a droit à la liberté d’opinion et d’expression. Par liberté d’opinion et d’expression, il faut entendre le droit d’informer, d’être informé, d’avoir ses opinions, ses sentiments et de les communiquer sans aucune entrave, quel que soit le support utilisé, sous réserve du respect de la loi, de l’ordre public, des droits d’autrui et des bonnes mœurs ».